Topo d'escalade dans les Météores (Grèce)

L’escalade dans les Météores

Au même titre que le Wadi Rum, les Météores font partie des rares endroits du monde que tout grimpeur de grandes voies se doit d’avoir visité au moins une fois dans sa vie.

Comme par miracle, les tours de poudingue des Météores émergent de la plaine de Thessalie. Les moines orthodoxes y ont-ils vu un signe divin ? Toujours est-il qu’ils ont été les premiers à atteindre les sommets pour y construire des monastères dès le XIVe siècle !
L’escalade « moderne », elle, arrive bien plus tard, à partir de 1976 quand les allemands Dietrich Hasse et Heinz Lothar Stutte sont captivés par ce massif. Pendant 20 ans, ils parcourent ce terrain de jeu bien plus vaste qu’il ne parait, ouvrant des voies sur toutes les tours à l’exception des 6 sommets comportant un monastère (suite à un accord avec les moines). Progressivement les grimpeurs locaux se sont aussi investis en ouvrant des lignes parfois audacieuses.
Aujourd’hui, le massif compte plus de 700 itinéraires répartis sur 175 tours, en grande partie d’un niveau abordable mais à l’engagement parfois démesuré. En sortant d’une voie, quel bonheur de jouir de ce paysage surréaliste et d’écrire son nom dans la boite métallique présente sur chaque sommet ! Ici plus qu’ailleurs, le plaisir de l’escalade dépasse très largement la cotation et l’envie permanente d’aller gravir une nouvelle tour vous gagne très vite !

Le rocher

Le conglomérat des Météores est composé de galets de toutes tailles enchâssés dans du grès. En découvrant le massif, le rocher paraît assez fragile et les premières voies parcourues laissent la désagréable sensation de « grimper sur des œufs » ! En fait, cette impression était peut-être une réalité il y a 10 ans mais ce n’est plus le cas aujourd’hui et une bonne partie des itinéraires ont un rocher sain : les voies classiques ont depuis longtemps été nettoyées des galets instables par les fréquentes répétitions et les voies suivant une ligne d’écoulement sont purgées naturellement (attention toutefois le rocher est plus fragile après la pluie).

L’engagement

L’engagement des voies est l’autre grande particularité du site. En effet, les ouvertures ont à l’origine été abordées du bas et la culture germanique des découvreurs privilégiait un équipement minimaliste avec très souvent plus de 10 mètres entre les points (notamment dans les sections de niveau très modeste). Mais cette tendance très exclusive a évolué ces dernières années et de nombreuses voies sont désormais bien plus « fréquentables », que ce soit parmi les voies récentes ou certaines voies historiques rééquipées depuis. L’engagement est toujours présent, demandant une concentration accrue du leader, mais les voies sont équipées intelligemment : les pas durs sont protégés et les sections très engagées sont toujours dans un niveau bien inférieur. Autre particularité, les relais se réduisent encore parfois à un seul gros anneau (point positif, la retraite est facile en cas de baisse de moral !).

Toutes ces caractéristiques en font une destination parfaite pour des cordées ayant une grande disparité de niveau. Pour le leader, l’engagement compense les cotations modestes qui conviennent parfaitement au second.

Une sélection de grandes voies

Loin des idées reçues, l’escalade dans les Météores est très diversifiée, alternant entre sections en dalles, murs raides sur galets de toutes tailles et même des dévers dans les goulottes. La sélection proposée (tirée du topo Rock around the World) s’inscrit dans ce cadre, présentant des grandes voies variées en grande majorité sur un bon rocher et plutôt bien équipées (hormis quelques grandes classiques incontournables à l’engagement « historique »).

Voir le topo numérique Escalade dans les Météores

Voir le topo (livre) Rock around the World

Infos pratiques pour l’escalade

Saisons propices

Le printemps (de mi-avril à mi-juin) est la période idéale, les jours rallongent, la météo se stabilise et les parois sèchent rapidement après la pluie. Le début d’automne (septembre / octobre) est également très agréable et adapté mais à partir de fin octobre, l’ambiance peut être très humide. On peut également grimper en été à l’ombre.

Accès aux voies

Le massif des Météores est très concentré et il est possible d’accéder aux voies à pied depuis Kastraki. Depuis la route, les accès ne dépassent que rarement 15 à 20 minutes (rajouter 10 à 20 minutes dans le village pour ceux qui font tout à pied).
Descente des voies
Toujours très rapide en rappels. Attention, l’accès aux lignes de rappel est souvent exposé (assurage conseillé).

Équipement en place

Initialement, les voies ont été ouvertes avec des pitons scellés munis d’un anneau. C’est encore le cas de certaines classiques comme Traumpfeiler où certains points de protection historiques sont encore présents. Mais de nombreuses voies ont été réquipées en scellements ou goujons inox.
Les fissures n’ont évidemment pas été négligées par les ouvreurs et il existe de nombreuses voies « trad » dans le massif mais volontairement la sélection privilégie les voies équipées (excepté l’incontournable Wahnsinnsverschneidung).
Les relais minimalistes sur un seul gros anneau sont encore très présents mais le diamètre très important de ces ancrages les rend plutôt rassurants.

Matériel à emporter

La plupart des voies décrites dans le topo sont équipées, mais dans certains cas, les sections en fissure sont restées vierges de matériel à demeure et il sera nécessaire de placer quelques friends. Il est également souvent possible de « cravater » les galets les plus proéminents (privilégier les sangles fines type dyneema). Le détail du matériel requis est indiqué pour chaque voie.
Matériel nécessaire pour un séjour : corde à double 2x50m, 5 sangles doubles, 6 camalots du 0,5 au 4 (#3 et 4 nécessaires uniquement pour la voie Wahnsinnsverschneidung).

D’autres topos utiles

Meteora (Stutte + Hasse, tome 1 en 1986 et tome 2 en 2000). Ces 2 topos historiques peuvent encore se commander sur le net. Ils sont très complets et assez clairs (à base de schémas), compréhensibles sans parler allemand.

Greece sport climbing. The best of (Theodoropoulos, 2014). Topo en anglais, sélection de falaises en Grèce.

Infos générales

Infos mises à jour en 2017

Langue : grec (une grande partie de la population parle ou comprend l’anglais)
Monnaie : €uros (on est en Europe)
Fuseau horaire : UTC+1h
Electricité : 220V AC
Communication : réseau téléphonique mobile sur tout le massif et wifi souvent disponible
Petites bêtes : serpents et scorpions (mais pas plus que dans le Sud de la France).
Consommation d’eau : eau du robinet potable.
Secours : 112 ou 199.  Accès facile et rapide pour les secours.

Se rendre dans les Météores

Les Météores se situent en bordure de la plaine de Thessalie, à proximité immédiate de la ville de Kalambaka dans la vallée du Pénée.
– à 230km à l’Ouest de Thessalonique
– à 450km au Nord d’Athènes
On peut s’y rendre en avion ou en voiture depuis l’Europe (camping sauvage toléré en Grèce).

Vols pour la Grèce
Aéroports à Athènes ou Thessalonique (plus proche). Vols directs en quelques heures depuis l’Europe pour un prix variant de 200 à 400€.

Transport vers les Météores
Depuis chaque aéroport, on peut rejoindre le site en bus : 4h depuis Thessalonique (32€ A/R) ou 5h30 depuis Athènes (48€ A/R).
Compte tenu des tarifs très intéressants en Grèce notamment depuis un aéroport, la location de voiture est une solution bien adaptée (à partir de 15€/jour).

Sur place

Hébergement
Le petit village de Kastraki est au cœur même des Météores et propose tout type d’hébergement à des prix variables en fonction des saisons. Au printemps / automne, on trouve des gites à partir de 15 à 20€ par nuit.
Pour les petits budgets, le camping Vrachos est idéal : très bon accueil, wifi au bar, caravanes disponibles (18€/nuit/2 personnes) et cuisine à disposition avec gaz et frigo (mais pas de vaisselle).

Restauration / Alimentation
Les Météores sont un lieu très touristique et l’offre de restauration est pléthorique.
Il est indispensable de découvrir la cuisine grecque riche en saveur dans les nombreux restaurants, d’autant plus que les prix sont très raisonnables (un diner copieux coûte de 10 à 20 €).
Coup de cœur : la Paradiso Taverna, tenue par la famille de Vangelis Batsios, grimpeur et ouvreur local émérite. Cuisine et accueil excellents !
Boulangeries et quelques mini-market à Kastraki, et tout commerces dans la ville de Kalambaka toute proche.

Extras
Monastères : il est possible de visiter les 6 monastères encore occupés aujourd’hui (2 à 3 € l’entrée pour chaque). Metamorphosis et Vaarlam sont les 2 plus intéressants).
Couenne : Vangelis Batsios a édité en 2017 un topo des voies sportives des Météores. Un peu plus loin à 45km, la falaise calcaire de Pily est grimpable même les jours de pluie (nombreuses voies de 7b à 8a avec des premières parties en 6e degré).
Champignons : à l’automne quand les conditions sont réunies, les chemins sont jonchés de girolles et trompettes des morts.